Imitation

L’enfant en dessous de 7 ans apprend par imitation, une imitation subtile, directe, instinctive. Le milieu dans lequel l’enfant évolue doit donc lui offrir des modèles dignes d’être imités. On peut alors voir le naturel de l’enfant se développer et s’épanouir. C’est ainsi que l’enfant apprend à marcher, à parler. L’élaboration du schéma corporel de l’enfant s’établit au fur et à mesure de la maturation du système nerveux pour s’achever vers la septième année. C’est donc inutile d’entrer dans des explications ou justifications; montrer les mouvements qui s’imprègnent immédiatement chez lui en les répétant régulièrement favorise l’apprentissage sans réfléchir. L’enfant répètera par la suite lui-même les mouvements avec conviction et amour sans qu’on le lui impose.

 

Déroulement de l’apprentissage de l’enfant:

1. L’enfant participe à l’activité de l’enseignant qui est le modèle (action)

2. Répéter l’activité dans le jeu qui implique une liaison affective avec les actes (sentiment)

3. Naissance de l’intérêt conscient pour ces actes, représentations et notions (pensée)

 

Déroulement de l’apprentissage de l’adulte:

1. Transmission d’une information par des notions (pensée)

2. Naissance du lien personnel et affectif (sentiment)

3. Mise en oeuvre par sa volonté (action)

 

L’enfant a donc un déroulement d’apprentissage inverse à celui de l’adulte. Ce que nous voulons obtenir de l’enfant par l’éducation, il nous faut constamment le faire passer du domaine de notre pensée dans celui de nos actes. Dans ce site sont réunis des centaines d’exercices (pensée) transformés en jeux (sentiments) que l’éducateur va montrer aux enfants (action). Ces jeux puisent leur source dans les activités de la vie quotidienne de l’enfant comme les contes, les personnages habitant son univers, les tâches quotidiennes, les films, .… La répétition volontaire des mouvements chez l’enfant se fait donc selon ce modèle; l’éducateur montre un mouvement qui a un lien avec l’univers de l’enfant, par exemple, mélanger la soupe, se déplacer en astronaute, enlever son pull, glacer comme Elsa dans la reine des neiges … et l’enfant le reproduit

volontairement et avec le désir d’apprendre. C’est par l’action qu’il intègre les apprentissages, qu’il développe ses compétences. La conscience du mouvement se développe elle au fil du temps. Quand l’enfant répète le mouvement, l’éducateur aide l’enfant sur la route de ses découvertes en l’entourant de son profond intérêt, en laissant libre cours à ses premières tentatives, parfois maladroites. L’enseignant intervient aussi discrètement que possible et corrige l’enfant en lui montrant encore une fois le mouvement. Ce n’est pas judicieux de réprimander et entourer l’enfant de « non ». Par des succès vécus, l’enfant élimine des inhibitions et renforce la confiance en soi. Eviter d’évoquer des décisions contradictoires qui créent la confusion et la discussion. Ces décisions ne doivent pas dépendre de l’humeur du moment, mais être prises dans la conscience d’une nécessité objective. Instaurer une atmosphère d’écoute et de sécurité et imposer quelques règles claires favorisent une bonne ambiance.

Imagination

Le maniement d’objets simples permet à l’enfant d’activer son imagination sous des formes variées. Les accessoires doivent être utilisés à des fins aussi différentes que possible. Par exemple, le cerceau est une fois une voiture, une autre fois une navette spatiale ou encore une toupie, une corde à sauter, une maison, une chenille. Il convient de veiller à la qualité des matériaux dans le choix des accessoires. La variété des formes, de la surface, des poids, de l’essence des matériaux joue un rôle important pour la finesse sensorielle du petit enfant.

Evolution

Danser veut bien dire: être dans un processus, pas seulement aboutir à une chorégraphie terminée! L’enfant est un être en devenir, il a besoin de ce qui est en devenir, besoin de transformer, de créer du nouveau. Ce n’est donc pas nécessaire de répéter inlassablement la même chorégraphie sous prétexte d’un spectacle. Si l’éducateur pense que la classe devrait répéter un mouvement, proposer alors aux enfants ce mouvement sous une forme différente et dans un contexte nouveau. Par exemple, pour exercer la toupie avec un cerceau, l’éducateur chante la chanson « Ainsi font, font, font » avec le mouvement des mains en rotation qui servira à exercer la toupie. En chantant et jouant, l’enfant imitera les mains de l’éducateur et s’exercera sans le savoir à démarrer une toupie.

Enrichissement

L’apport de contes et d’histoires diversifie les personnages et les images de l’environnement de l’enfant. Devenant tantôt un roi, tantôt un gnome ou encore un renard, il vit chaque fois une expérience différente au cours de laquelle son expérience humaine s’enrichit et s’approfondit. A l’écoute des contes et de leur langage différencié, le propre langage des enfants s’enrichit. L’éducateur et les enfants peuvent alors puiser dans ces contes pour créer de nouveaux mouvements ou écouter de nouvelles musiques.

Tempéraments

Inutile d’essayer de secouer un enfant flegmatique ou de réfréner un colérique, mieux vaut se comporter avec le tempérament de l’enfant en pratiquant la loi de la similitude; les enfants calmes aiment en général côtoyer d’autres enfants calmes, même chose avec les colériques. Savoir s’y prendre avec un colérique nécessite que l’éducateur soit lui-même capable de manifester sa vigueur intérieure, tout en s’adaptant l’instant suivant au rythme et à l’état d’âme du flegmatique.

Rythme

La régularité du déroulement des activités du cours favorise la bonne humeur de l’enfant. Nul n’aime autant que lui les habitudes se déroulant selon un rythme imposé par l’éducateur. Toutefois, toute mesure visant à stimuler directement et d’une manière répétitive l’activité musculaire et la motricité du petit enfant réalise une intrusion artificielle dans le déroulement normal de ses acquisitions. Il s’agit donc de trouver des formes d’activités qui soient les plus proches possibles de l’attitude naturelle de l’enfant. Le cours de danse pour les enfants en dessous de 7 ans offre un espace de mouvements plus ou moins libres à l’enfant et non un lieu d’entraînement physique soutenu. Chaque être possède un rythme intérieur et personnel. Toute fonction organique, tout mouvement volontaire ou involontaire obéit à la loi de l’alternance de la tension (inspiration) et du relâchement (expiration). Cette activité rythmique est aussi ressentie dans la respiration et contribue au bien être de l’enfant.